J'ai eu mon bagage hier soir à 21h30. Bon, on a eu une petite discussion ensemble, et pour le punir de ne pas avoir suivi quand c'était le temps, il passera le reste du voyage dans le coffre de la voiture. Bon, il pourra dormir sur le porte bagage dans la chambre, mais pas plus.
Pourquoi tant de bagages! J'arrivais bien à me débrouiller avec le peu que j'avais. Prochaine vacances, le strict minimum ;o)
Il fait 12C ce matin. Et oui, j'ai maintenant les vêtements appropriés. J'enfile un cuissard, mes vêtements chauds, mes bottes de randonnée, je ramasse mes trucs après un déjeuner copieux et je quitte Cortina à 8h45. En trois jours ici, c'est la première fois que je vois les sommets avoisinants. C'est bien normal, je quitte.
Je passe devant une station de service, et je fais le plein. Wow, 1,83€/litre. Cher, mais moins que mon dernier séjour ici à 2,32€/litre. Faite le compte pour remplir 45 litres.
Pour rejoindre le Passo Fedaia, j'ai deux options. Primo, par le Passo Giau. Secondo, par le Passo Falzarego. J'opte pour l'option 2. On ne sait, jamais. De plus, je ne suis pas passé par le versant Est du col. Arrivé au sommet du Falzarego, le temps demeure au bleu fixe. J'y suis, j'y reste. Bon, en haut, c'est encore glacial mais je monte.
Au sommet, il y a toujours une bonne quantité de neige au sol sur le versant nord. Quelques photos et je monte un peu plus haut.
Il y a de la sécurité, oreillettes et radios portables. On me dit que si je vais plus loin, interdit de prendre des photos. La sécurité baragouine qu'il y a un tournage au sommet. Ma GoPro sur la tête tourne toujours. Devant lui, je ferme ma caméra et la sert dans mon sac à dos. Je peux passer. Mais pourquoi nous interdire de photographier. Est-ce Monica Bellucci qui tourne là-haut. Il y a effectivement tout le matériel d'un petit plateau de tournage, la crête n'étant pas très large. Pas de Monica Bellucci. On se prépare pour la prochaine scène. Le metteur en scène explique en italien et en allemand, où placer les 3 caméras, où la scène se déroule, et comment le tout se déplacera.
Il y a un petit groupe de 4 ou 5 personnes. L'un de dos semble être le centre d'intérêt. Je m'approche à 4 pieds de lui, caméra dans le sac, mais oups, la GoPro tourne toujours... Il se tourne. Je suis face à Jean Reno. Cool. Il est vêtu d'une veste de montagne et un chapeau, style montagnard. Le second rôle est occupé par un immense aigle à tête blanche, qui déploie ses ailes de temps en temps. Il veut se faire voir... La sécurité me fait signe de sortir de la zone de tournage, je me pousse. Au même moment, un type de la sécurité vient me dire de fermer ma GoPro, il y a une femme qui m'a dénoncé. Je file. J'ai le temps de monter un peu plus haut, je ne veux pas me faire prendre.
De ce point, je vois clairement en bas le Passo Valparola que j'ai roulé deux jours plus tôt. On y voit également l'autre versant vraiment plus bas où il y a également des vestiges de la grande guerre qui était fermé deux jours avant. Le musée a menti, pas de neige sur ce sommet.
Je tourne les bottines, et je reviens sur la scène. On cri haut et fort, Silenzio tutti per favor. Tout le monde se tait, silence complet. Il n'y a que le vent qui siffle. Ma GoPro tourne toujours ;o) on cri à nouveau, Perfecto, grazie mille. Je comprend que la scène doit être refaite. Je fais semblant de rien, et je me dirige directement sur Jean Reno. À 4 pieds de lui, je lui demande une photo. La sécurité me repousse, fin du tournage pour ma part. J'en ai suffisamment sur ma GoPro ;o)
Au retour, je descend voir les sites de la grande guerre 1914-1918. C'est pour cette raison que je suis monté. L'accès est libre, un écriteau prévient qu'il fait noir, que c'est glissant, qu'il faut un casque et une frontale. Bon, il y a un type qui y sort sans équipement, j'entre.
Première impression, il fait très très noir. Je n'y vois rien. À taton, je me protège la tête et j'utilise ma caméra pour m'éclairer. Je flash ça et là et j'avance lentement. En réalité, ça descend. Oups, prudence. De temps en temps, la lumière pénètre par les orifices d'observation ou de tir. Impressionnant. Je n'y vois rien, mais je découvre le tout en revoyant mes photos.
Après avoir descendu sur une centaine de mètres, je ressors. Ce site est coté bleu. Il y en a un autre plus bas, coté rouge. Harnais, casque et frontale obligatoire. On doit être attaché en tout temps. Je n'y vais pas. Il faut descendre la falaise qui est très raide et accidentée, avant de rejoindre l'autre tunnel.
D'en haut, je cherche des tranchées. J'en vois, mais ils sont recouvert de neige et il n'y a que quelques sections accessibles. Je me contente de loin.
37km séparent Falzarego de Fedaia. Je quitte le sommet où il faisait 11C pour me retrouver au fond de la vallée à 21C. Méchante différence. Il y a quand même une différence de près de 2000 mètres.
Dans mes simulations sur Tacx, j'avais identifié une station de ski un peu après Malga Ciapela. Je stationne. Je change mon kit rando pour mon kit vélo (ok, j'ajoute mon kit de ski fond par-dessus mes cuissards... Y fait frette). Oui je sais le col commence réellement à Sottoguda, vraiment plus bas dans la vallée. Et si l'on commence à Caprile, complètement dans le fond de la vallée, c'est excellent pour le cardio. Bien que la pente annoncée est de 6,8%, la référence tient compte de la plus longue distance. Le dernier 5km varie entre 12 et 15%. J'avais plutôt l'impression d'avoir fait 100km à plein régime tellement c'est très demandant, et la fatigue du voyage s'accumule (et si je prenais une semaine de vacances au retour pour me reposer de mes vacances...).
Une chance, un faux plat au sommet le long du lac Fedaia. Les montagnes avoisinantes viennent se fondre dans le lac. Glacial, mais magnifique. C'est ici, sur ce barrage, qu'une scène du film "Italian job" a été tournée. Wow, une vedette ce matin et maintenant ce panorama qui a servi de scène de tournage. Je traverse le barrage et tente de trouver un point de vue plus haut. La route se termine plus haut. Photos et je redescend chercher ma voiture.
Parlant de voitures, ça force énormément. Ceux qui ont de plus petits cylindrées ont peine à monter. 15%, c'est d'là pente ça. D'ailleurs, la petite Fiat Punto ci-haut s'est reprit 3 fois avant de repartir.
Demain, il faut que je prenne ça molo. Samedi, mon plus gros défi. Passo dello Stelvio et 1859 mètres de dénivelé. Celui là, ce sera probablement mon dernier. Il annonce des orages violents au Stelvio tout le weekend. Ça ne sera pas facile. En terme de montée, j'ai déjà fait le Furkapass en Suisse, pour 1200 mètres de dénivelé sur 18km en montée. Le Grimselpass a été fait sous la pluie battante par 3C. Tous les cols depuis le Sella Ronda sont beaucoup plus exigeants en %. Le Sella Ronda est un vrai 6,5% de moyenne. Facile. Hier, j'ai eu du 16% et même du 20% dans les épingles. Tellement qu'en freinant en descente, j'avais l'impression de passer par dessus mon vélo. La roue arrière était particulièrement légère.
Descente vers Vigo di Fassa. Rien de nouveau, le temps tourne encore au gris et la température baisse à nouveau. J'arrive à l'hôtel vers 17h et la dame à la réception me dit immédiatement que l'aéroport a téléphoné hier pour livrer mon bagage. Elle est inquiet parce que je suis arrivé avant. Je lui ai répondu que mon bagage me suivait, dans le coffre.
Vigo di Fassa est dans la vallée entre deux chaines de montagnes. Le hic en réservant mon hôtel, c'est que je pensais être au centre-ville, du moins assez proche. En vue en plan, je suis assez proche. Mais en élévation, je suis assez haut.
Demain, je vais voir si je me repose, ou si je monte le San Pellegrino. Ce col est tout en douceur, 6% de moyenne. J'ai déjà roulé l'intégral du DVD, pas de grandes montées en %, c'est très linéaire en plus. De l'hôtel, c'est 40km A/R (le col est au centre de la photo suivante, dans les nuage) et s'il fait beau, je remonterai vers Canazei après. La dame à la réception m'a dit qu'il y aura des orages demain, temps variable et incertains. Il y a aussi l'option randonnées. La région est idéale pour la randonnée en montagne.
Ce soir, je suis encore sorti sous la pluie pour aller souper. En espérant que le mauvais temps s'éclipsera pour demain. Ici, j'ai moins d'alternatives si je veux sortir de Vigo. On me sert. Souper, vino. Demain sera une autre journée.


















