Levé à 7h00. Je répond à mes courriels et je me présente au déjeuner dès l'ouverture à 8h00. Je demande la météo pour la journée. Fortes pluies prévues toute la journée. Le concierge à la réception connaissant mon problème de bagages, me rappelle qu'il n'y aura pas grand chose à faire si je n'ai pas les vêtements adéquats. Il fait 8C. La journée s'annonce des plus ordinaire.
Je retourne à la chambre, enfile mon cuissard, short et t-shirt et je quitte avec mon vélo dans l'auto. Sur la route, les nuages sont très bas, la pluie tombe en trombe. Je me dirige en voiture vers Tre-Cime di Lavaredo par le Passo Cimabanche.
Arrivé à la barrière du parc (il en coûte 24€ pour entrer dans le parc), on n'y voit rien. Je demande si la météo va s'améliorer. C'est comme mon italien, rien à faire, c'est pire que prévu. De la barrière, on y voit rien à plus de 100 mètres devant. Il pleut des clous, les nuages sont très bas (ouais, c'est probablement moi qui est très haut). Le caissier ne me recommande pas d'y monter pas plus que l'on n'y voit rien en haut. Il fait 4C là haut. Je retourne à la voiture mouillé.
Il y a quelques 2km entre la route principale et la barrière du parc. La route est à 16% que pour le dernier km avant la barrière. 16%, Camilien-Houde est d'la p'tite bière (je me répète...)...
Je redescend donc vers Misurina. Qu'est-ce que je fais? Mon GPS ne m'indique plus de cartes depuis 5km. Je cherche... la mémoire du tracé actuel est pleine à 88%. Oups, je segmente mon parcours à ce jour et je l'archive. Pas de cartes. Donc, j'efface toute la mémoire. La carte revient, yes! J'espère juste que j'ai bien archivé le tout... Je verrai une fois à la maison sur mon ordinateur. À la différence de mon dernier voyage en Suisse, j'ai oublié d'archiver chaque journée parcourue.
Je programme le retour vers Cortina par Tre Croci. 20km. Je programme un détour vers Forcella Laverdet. 58km pour l'aller seulement. Je me dirige, sous la pluie battante vers Forcella en espérant moins de pluie.
En route, je croise une pancarte, Passo Sant'Antonio à gauche. Je bifurque à gauche toute. 19 virages en épingles plus haut, j'atteint sans effort le sommet du Passo Sant'Antonio. J'ai droit à aucune félicitation l'ayant monté en voiture. Je prend quand même une photo et il tombe des cordes. La route est vraiment belle même si ce col est 100% dans la foret. D'ailleurs il y a 3 gros arbres qui sont tombés en travers sur la route, fort probablement durant les orages de la veille ou de la nuit. Mon GPS me ramène à l'ordre. Il reste 27km avant ma destination.
Je redescend par une autre route en direction de Compolongo (ne pas confondre avec Campolongo, sur le Sella Ronda). J'arrête sur la route acheter deux nectarines et 2 Gatorade. Pour me rendre au pied du Forcella Lavardet, il n'y a que 4km. Malheur, la route est fermé, éboulement juste avant le pied du col. Demi-tour.
Je reviens sur mes pas. Je ne veux pas remonter le Sant'Antonio, une fois est assez. À Santo Stefano di Cadore, je me dirige vers le sud. Superbe paysage perdu dans les nuages suivi d'un tunnel qui n'en finit plus.
En sortant de l'autre côté, des éclaircis. Je décide de remonter vers le nord à Misurina. Wow, bonne décision. Le temps est au bleu fixe. Mais comme on dit, ça change très vite en montagne. Affamé, je lunch à Misurina avant de monter. Besoin d'énergie oblige.
Il est passé 13h. Je prend une photo et je me dirige à nouveau vers Tre-Cime. Je dois décider si j'attaque la montée à vélo, ou bien je monte en voiture pour faire le tour du Tre-Cime en randonnée. Je vous rappelle que c'est très frais. 11C à Misurina, et probablement pas plus de 8C au sommet. Le temps change en un instant au gris. Merde. J'arrive à la barrière payante à nouveau. Le caissier m'informe que le temps est très froid et que la visibilité est nulle. Impossible, je voyais le sommet de Misurina.
Bon, je suis au pied de l'ascension, et je n'y reviendrais pas. J'ai roulé plusieurs fois cette montée sur mon Tacx à la maison, je dois le faire. Du même coup, il fait froid et je n'ai pas les vêtements appropriés. Je monte en voiture, au diable, je paye les 24€ demandé et je monte. À vélo ou à pied, c'est gratuit.
Tre-Cime, ça monte en... 16% sur 4km, 12% un méchant bout. Le moteur chauffe. En quittant la barrière, il fait toujours 11C, au sommet, 8C. J'avais raison. En plus je suis dans les nuages, au sens propre. On n'y vois rien.
Où sont les Tre Cime. Est-ce qu'ils les ont remisé pour ne pas les abîmer sous la pluie. Je cherche, rien. À l'intérieur du Rifugio, on m'indique que du côté nord, il n'y a pas de nuages. Je suis soulagé, ils ne sont pas remisés, mais juste dans les nuages. La face nord est accessible à pied. 40min au plus. Il fait frette, et en marchant, je devrais me réchauffer. Go, j'y vais. On y vois rien, mais je tente ma chance.
Je fais donc le tour en sens antihoraire. Bien que l'on y vois rien, qu'il fait 8C, je trouve que le peu que je vois est magnifique. Les parois sont couvertes d'éboulis de toutes grosseurs de roches. Des petites, comme des immenses telle une maison. Quand ça déboule, tasse toi, parce que rien n'arrête ça.
Arrivé du côté nord, il se met à pleuvoir. Merde, demi-tour. J'ai bien 4 ou 5km de fait. J'ai vue sur le chemin le Rifugio Lavaredo. Au retour, je m'arrête 5min, j'achète une bouteille d'eau, et je poursuis mon chemin du retour. Sans carte, j'ignorais où j'étais dans les nuages. Probablement en complétant le tour, je serai revenu au point de départ en parcourant la même distance. Anyway, je n'avais pas les bons vêtements. Gelé, je suis bien heureux de rejoindre le point de départ. J'attends 1h30, en espérant que le temps se dégage. Rien, je marche dans les alentours, je regarde de temps en temps le sommet, rien, que des nuages.
Bon, fini de geler, je redescend. Il tombe des gouttes. Les freins sentent le chauffé. Je regarde de temps en temps dans le rétroviseur, rien, le temps reste gris. Presqu'arrivé à l'entrée du parc, il y a un petit trou bleu dans le ciel, qui dévoile timidement un sommet, mais je ne peux pas voir les Tre Cime, je suis déjà trop bas.
Ça vient de me coûter 24€, et je n'ai rien vue. Je stationne à l'intérieur du parc et je sors mon vélo. Plan C.
La montée va demeurée toute aussi froide, mais moi, je vais me réchauffer. Je monte en petit cuissard. Y fait chaud, je n'ai pas de cadences au GPS, pas de fréquences cardiaques, plus de cartes. Merde, plus de batteries dans le GPS. La GoPro se met à faire bip. Plus de batteries. J'avais sur moi deux batteries neuves, que je change dans le GPS. Tant pis pour la GoPro, j'ai ma caméra anyway.
La montée est épuisante. Mon rythme cardiaque est dans le tapis, je surveille, je fais une pause et j'en profite pour immortaliser sur photo. Ma vitesse de montée est sensiblement la même que sur le Tacx. Ça monte et ça monte.
Je savais déjà que le moteur diesel forçait plus tôt, mon moteur aussi forçait. Le temps passait du gris au bleu, mais jamais assez pour voir le sommet. À moins de 400 mètres du sommet, soit au dernier virage avant le longue ligne droite, la pluie se remet de la partie. Oups, j'abandonne, de plus je n'y verrai pas plus au sommet. Photos, et je redescend. Le moteur ne force plus, mais les freins chauffent aussi, ça descend... Il fait froid, prévisible...
De Misurina, je reprend un chemin différent et je passe par le Passo Tre Croci. Bon, ne me lancé pas des fleurs, je n'ai rouler qu'à vélo le Tre Cime, les autres cols en voiture. Aucun mérite.
Je me dis que si le temps se réchauffe, je pourrais me lancer à l'assaut du Tre Croci à partir de l'hôtel, mais au retour à Cortina, même chanson, il tombe des clous. Et ça tombe. L'aubergiste me voit entrer, il est 17h30. Il me dit que je n'ai pas du faire grands choses avec toute cette pluie. À Cortina, il a plu toute la journée. Je lui raconte ma journée et on parle de son Defender 90. Fin de ma journée sous les pluies torrentielles.
Au fait, en ouvrant mon iPad, j'ai échangé avec l'aéroport de Venise. Mon bagage est arrivé de Rome à Venise. Le chanceux, il est allé à Rome au soleil pendant que moi j'étais sous la pluie. Et pour m’écœurer, il vient me rejoindre ce soir pour me raconter ses aventures... Ça fini bien la journée, non?



















